31 (2008)
Éditorial (1)
Monique de MATTIA-VIVIES
Table des matières
Il me revient cette année l’honneur de rédiger ce premier éditorial. Je tiens avant toute chose à remercier Wilfrid Rotgé de tout le travail qu’il a effectué pour la Société, du climat d’ouverture qu’il a su y faire régner, propice à la réflexion et non moins propice à la convivialité. La Société de Stylistique Anglaise est une société florissante, qui, grâce aux énergies combinées de toutes les équipes qui se sont succédé, occupe une place originale au sein des sociétés savantes, à la croisée de différents domaines. Je m’engage à faire tout mon possible pour que soient confortés son rôle et sa place au sein de notre communauté tout en préservant son originalité et l’esprit d’ouverture qui la caractérise.
Lors de l’Assemblée générale d’octobre 2007, quelques changements sont intervenus dans l’organigramme ; deux présidents adjoints ont été élus : Wilfrid ROTGE, qui a accepté de continuer de jouer un rôle de tout premier plan au sein de la Société et Simone RINZLER, dont le dévouement et l’implication dans la Société contribuent grandement à son bon fonctionnement. Un deuxième secrétaire a été élu : Luc BENOIT A LA GUILLAUME (Université de Paris X – Nanterre), que je tiens à remercier pour son investissement immédiat et son efficacité. Un Comité de rédaction a vu le jour : ont été proposés puis élus Nathalie VINCENT-ARNAUD (Université de Toulouse – Le Mirail) , Manuel JOBERT (Université de Lyon 3) et Linda PILLIÈRE (Université du Littoral Côte d’Opale, ULCO). Le Comité de lecture du Bulletin a également été enrichi de plusieurs membres, de façon à mieux répondre à la diversité des communications proposées à l’Atelier. Le nouveau comité de lecture est maintenant composé de : Luc BENOIT A LA GUILLAUME, Stéphanie BONNEFILLE, Yan BRAILOWSKY, Monique DE MATTIA-VIVIÈS, Manuel JOBERT, Jean-Rémi LAPAIRE, Jean-Jacques LECERCLE, Gilles MATHIS, Aliyah MORGENSTERN, Jacqueline PERCEBOIS, Linda PILLIÈRE, Albert POYET, Mireille QUIVY, Simone RINZLER, Wilfrid ROTGÉ, Sébastien SALBAYRE, Olivier SIMONIN, Henri SUHAMY, Jean-Louis VIDALENC, Nathalie VINCENT-ARNAUD, auxquels il faut ajouter, Isabelle KELLER-PRIVAT (Université de Toulouse – Le Mirail) et Paul LARREYA (Professeur émérite à l’Université de Paris 13), qui ont été proposés puis élus lors de l’assemblée générale du 4 octobre 2008.
L’an dernier, la rédaction en chef du Bulletin (BSSA 29, congrès d’Avignon) a été assurée par Simone RINZLER, que je remercie du travail considérable qu’elle a effectué (changement de la couverture, harmonisation des présentations, insertion d’une mini-biographie pour chaque auteur, etc.). A partir de 2008, la rédaction en chef sera assurée par Simone RINZLER et par moi-même, en alternance.
Enfin, la Société de Stylistique Anglaise s’est dotée d’un site : http://stylistique-anglaise.org. Grâce à la compétence de Yan BRAILOWSKY, webmestre de notre Société et concepteur du site, toutes les informations principales concernant la Société sont désormais accessibles en ligne. Dans un délai de deux ans suivant la parution du Bulletin, celui-ci sera mis en ligne. Une feuille de style a d’ailleurs été mise au point pour faciliter cette mise en ligne future ; il est désormais demandé à chaque auteur d’en tenir compte au moment de la mise en forme de l’article. Extrêmement simple à appliquer, elle a sensiblement facilité l’édition du présent Bulletin. Elle sera étendue à la présentation de la bibliographie et aux notes de bas de page lors de l’édition du prochain Bulletin (BSSA 32). À noter : le BSSA 29 (Actes du congrès d’Avignon, mai 2007) et le BSSA 30 (numéro spécial, Actes du colloque d’Aix, novembre 2006) sont déjà épuisés. Ces deux numéros seront donc mis en ligne de manière anticipée, en janvier 2009.
Lors du congrès SAES de mai 2008, le bureau de la SSA, sous l’impulsion de Nathalie VINCENT-ARNAUD, a souhaité que soit créée une rubrique en ligne « Lectures conseillées / recensions d'ouvrages » : les membres de la SSA pourront ainsi présenter ou conseiller un ouvrage qui leur semble utile pour les études stylistiques de toutes « sensibilités ». La mise en ligne permet d’éviter l’aspect contraignant d’une telle rubrique dans le Bulletin, dont la périodicité est fixe. Nathalie VINCENT-ARNAUD en a accepté la responsabilité, suite à l’assemblée générale d’octobre 2008. La rubrique a été inaugurée par la recension d’Isabelle KELLER-PRIVAT sur l’ouvrage de Noëlle CUNY, D.H.Lawrence : Le corps en devenir (Presses Sorbonne Nouvelle, 2008, 189 pages). Très prochainement sera mis en ligne le compte rendu de l’ouvrage An Introduction to Poetry in English, paru il y a quelques mois aux Presses Universitaires du Mirail, rédigé par NATHALIE VINCENT-ARNAUD.
Lors de l’assemblée générale du 4 octobre 2008, un nouveau trésorier, Manuel JOBERT (Université de Lyon 3), a été élu en remplacement de Mireille QUIVY, dont le mandat a pris fin. La Société la remercie chaleureusement de son investissement et de sa gestion rigoureuse. Très prochainement, une liste des adhérents de la SSA sera mise en ligne, qui pourra être réactualisée à tout moment, en fonction des adhésions.
Outre l’organisation annuelle de l’Atelier de Stylistique au congrès SAES, les projets d’activités scientifiques auxquels notre Société apporte son soutien sont nombreux : l'assemblée générale du 4 octobre 2008 a apporté sa caution scientifique au colloque que projette d'organiser Linda PILLIERE sur « Le texte pris dans le jeu de ses adaptations ». Ce colloque devrait avoir lieu à l’Université du Littoral Côte d’Opale au printemps 2010.
Gilles MATHIS annonce une journée d’étude sur « les théories critiques de Stanley Fish », qui aura lieu les 13 et 14 novembre 2008 à l’Université de Provence, organisée sur sa proposition personnelle et très favorablement accueillie par le directeur de l’École doctorale « Langues, Lettres et Arts » de l’Université de Provence. Cette journée devrait déboucher sur un colloque international à Aix sur la stylistique aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, organisé par l’équipe de recherche des francisants de l’Université de Provence (sous réserve de confirmation par la ou les équipes de recherche concernées). Dans le même ordre d'idées, Manuel JOBERT annonce la venue à Lyon 3 de Peter STOCKWELL et de Dan MCINTYRE, ce qui pourra contribuer à renforcer les liens avec nos collègues anglo-saxons.
Comme on le voit, notre Société se porte bien et reste très active, comme en témoigne aussi le succès de l’Atelier de Stylistique au congrès d’Orléans, comme en témoigne également l’enthousiasme des collègues qui s’y investissent, et comme le montre la variété des projets scientifiques auxquels elle apporte son soutien.
Les dix articles rassemblés dans ce volume correspondent aux communications effectuées à l’Atelier de Stylistique Anglaise lors du dernier congrès SAES qui a eu lieu à Orléans en mai 2008, dont le thème était la résurgence ou ce qui fait retour, sous la forme du même ou de l’autre.
La variété et la richesse des articles proposés cette année encore témoignent de l’étendue des domaines que recouvre la stylistique : la diversité des analyses et des angles d’approche choisis, des supports utilisés (textes littéraires, juridiques, historiques, recueils de poèmes, tableaux (Annonciations), textes de linguistique théorique, etc.) permet d’offrir une vision de la langue sous divers aspects, à travers l’ensemble des fonctionnements signifiants. La question que l’on se pose souvent, et qui d’ailleurs se trouve au cœur de l’article inaugural de Jean-Jacques Lecercle, c’est-à-dire la stylistique, au fond, qu’est-ce que c’est ? trouve ici, dans la diversité des articles proposés, une forme de réponse : le style, l’objet de la stylistique, c’est le singulier ou le collectif singulier, le contraire de l’universel, une signature permettant la reconnaissance pour reprendre l’expression d’Antoine Compagnon, ce qui ‘se constitue autour de quelques singularités’ (Jean-Jacques Lecercle). Si l’on considère avec Deleuze et Guattari que la parole prime sur la langue, que l’on passe sans cesse d’une langue à l’autre par la parole, la stylistique n’est pas du côté de la généricité de la langue mais de la singularité de la parole. Le véritable objet de la stylistique, c’est alors la parole, sur fond de généricité, la langue. Mais ce n’est pas tout. Si la stylistique n’est qu’une exploitation personnelle des procédures grammaticales existant dans la langue, comme l’énonciation suppose la conversion individuelle de la langue en discours, la stylistique concerne alors à la fois le singulier (la parole individuelle au sens large) et le général (la langue), la langue comme somme de tous les styles, mais aussi et parallèlement le singulier tel qu’il émerge par rapport à un genre. Si c’est en termes de compromis freudien qu’il faut analyser la langue, entre ‘c’est moi qui parle’ et ‘c’est la langue qui parle’, c’est peut-être également en termes de compromis qu’il faut analyser le style entre ‘c’est l’auteur qui parle’ et ‘c’est la langue d’un genre qui parle’, le genre comme convention discursive, comme système de traits de reconnaissance, qu’il s’agit alors de personnaliser ou de transgresser. Le style serait alors une forme de dialectique du même et de l’autre, du générique et du singulier, de l’émergence de la singularité sur fond d’appartenance générique. C’est une fois de plus une contribution à une meilleure compréhension des enjeux du style que constitue ce volume, dans la multiplicité de ses réalisations. Au fond, la stylistique dont la définition échappe toujours en même temps qu’elle se constitue, serait une des voies d’accès vers un objet qui n’a pas encore livré tous ses secrets, le langage, cet inconnu1.
RSS