Atelier de la SSA (congrès SAES)

• Le prochain congrès de la SAES se tiendra le 6-8 juin 2019 à l’Université d’Aix-en-Provence. La SSA y tiendra son atelier annuel sur le thème de « l’exception » (voir CFP ci-dessous).

Merci d’envoyer vos propositions (d’environ 300 mots) à Sandrine Sorlin avant le 1er novembre 2018.

Appel à communications:

L’exception, l’emploi exceptionnel d’un marqueur, la formule remarquable parce que hors cadre, l’exceptionnalité d’une figure de style, la norme prise en défaut, autrement dit tout ce qui déroge ou échappe à une règle pré-construite, ne peuvent que plaire au stylisticien intéressé à la fois par le cœur et la périphérie de la langue. 
 
Si l’exception se conçoit toujours par rapport à une règle, on peut se poser la question de la « règle de l’exception », à l’instar des dialectes dits non-standard qui ont leurs propres normes, à condition que l’on sorte (est-ce possible ?) d’une classification hiérarchique, laquelle fait du standard l’étalon d’analyse du non-standard. Le terme d’« exception » peut en effet en lui-même relever d’une évaluation idéologique dès lors qu’un standard se perçoit comme exceptionnel et repousse à ce titre tout ce qui ne ressemble pas à sa norme dans les marges de la langue nationale. 
 
L’exception semble incarner ce qu’une linguistique éprise de maîtrise totale ne peut complètement expliquer, c’est-à-dire le « reste » de la langue, l’irrésolu qui ne fait pas sens et dont seule une théorie plus englobante pourra sans doute un jour rendre compte. Mais il y a aussi de l’irrésolu qui fait sens, lorsque l’exception surgit sous forme de petites a-grammaticalités (Deleuze 1989, Lecercle 2008) qui « figurent » un supplément sémantique et pragmatique (Jenny 1990) ou exprime ce qui ne peut se dire autrement. L’infraction à une langue standard peut dès lors cesser de se concevoir comme un écart par rapport à une norme première (la norme est de toute façon toujours multiple) mais comme « reconnaissance des virtualités inscrites dans la langue » (Gardes Tamine 2010). L’exception peut aussi se voir comme un moment de la langue, annonciatrice de « normalisation » et/ou d’adoption dans et par l’usage. 
 
Vouloir faire exception linguistiquement et stylistiquement peut être une démarche volontaire en littérature/fiction comme en politique, dans des essais comme sur les réseaux sociaux, pour s’inscrire en faux contre les classifications imposées, le canon et l’establishment et revendiquer son exceptionnalité ou ex-centricité. 
 
En analyse de discours, établir les critères d’un discours qui fait exception, c’est repérer les marqueurs de rupture avec les normes génériques qui devraient le sous-tendre, c’est comprendre la dialectique de ce qui subsiste et de ce qui émerge, comme force de renouvellement progressif d’un genre.
 
On pourra dès lors aborder, entre autres, les thèmes suivants :
 
       l’exception comme écart, comme à part ou comme constitutive de la langue ?
       les infractions linguistiques, pragmatiques, stylistiques et leurs effets en contexte
       les jeux sur les normes linguistiques, génériques, idéologiques
       les styles exceptionnels, leurs caractéristiques, leurs enjeux
       les ruptures de style et de sens dans les mouvements littéraires ou artistiques
       les nouveaux styles de communication 
       les excentricités stylistiques
       la grammaticalité des petites a-grammaticalités
       exception et normalisation/standardisation
       la représentation des dialectes non-standard notamment en fiction
       exceptions au sein d’un genre spécifique
       le style de femmes et d’hommes d’exception
 

 

• Ateliers et programmes antérieurs:

Programme et Résumés des interventions à télécharger : stylistic workshop – Paris Nanterre 2018

Programme de l’atelier SSA Reims 2018 : programme atelier Stylistique SAES REIMS 2017

Programme de l’atelier SSA Lyon 2016 à télécharger: Atelier Stylistique 2016